Proposition subordonnée relative : la reconnaître facilement
Une proposition subordonnée relative est un groupe de mots organisé autour d’un verbe, introduit par un pronom relatif et rattaché à un mot appelé antécédent. Elle sert à préciser ou à décrire cet antécédent. Pour la repérer, cherchez donc un nom ou un pronom, puis le mot qui le reprend : qui, que, dont, où, *lequel*…
Définition : une proposition qui complète un nom
Dans la phrase Le voisin qui arrose ses plantes est jardinier, le groupe qui arrose ses plantes est une proposition subordonnée relative. Il contient un verbe conjugué, arrose, mais dépend du groupe nominal le voisin. Il apporte une précision sur ce voisin : il ne parle pas de n’importe quel voisin, mais de celui qui arrose ses plantes. La relative ne peut donc pas fonctionner seule dans la phrase sans modifier fortement son sens.
Une relative est composée de trois éléments à distinguer. L’antécédent est le mot complété : voisin. Le pronom relatif établit le lien avec cet antécédent : qui. Enfin, la proposition relative est l’ensemble formé autour du verbe : qui arrose ses plantes. Dans l’analyse grammaticale scolaire, cette proposition est une expansion du nom ; sa fonction est souvent formulée ainsi : « complément de l’antécédent ».
La méthode en quatre étapes pour l’identifier
Le repérage devient simple si vous procédez toujours dans le même ordre. Ne vous fiez pas seulement à la présence de qui ou de que : ces mots peuvent apparaître dans d’autres constructions. Vérifiez plutôt la présence conjointe d’un antécédent, d’un pronom relatif et d’un verbe. Une fois la proposition isolée, observez ce qu’elle précise. Si elle donne une information sur un nom ou un pronom déjà présent, il s’agit très probablement d’une relative.
Repérez le verbe conjugué
Dans La chanson que nous écoutons plaît aux enfants, repérez d’abord écoutons.
Isolez le groupe qui dépend de ce verbe
Le groupe que nous écoutons forme une proposition : il possède son propre verbe et son propre sujet, nous.
Cherchez le mot repris
Demandez-vous : « Que précise cette proposition ? » Ici, elle précise la chanson. Ce nom est l’antécédent.
Identifiez le pronom relatif
Le mot que relie chanson à la proposition. Il est pronom relatif et remplace l’antécédent dans la relative.
Donnez les deux fonctions séparément
La relative est complément de l’antécédent chanson. Le pronom que est COD du verbe écoutons : nous écoutons quoi ? la chanson.
Pronoms relatifs : lequel choisir et quelle fonction ?
Le pronom relatif remplace l’antécédent dans la subordonnée. Son choix dépend de la fonction qu’occuperait cet antécédent dans la relative : sujet, complément d’objet direct, complément introduit par une préposition ou complément circonstanciel. Cette fonction se détermine en posant une question au verbe de la relative. Par exemple, dans la personne dont je parle, on parle de quelqu’un : dont remplace donc de la personne.
| Pronom relatif | Fonction la plus courante | Exemple | Analyse rapide |
|---|---|---|---|
| qui | sujet | Le train qui arrive est complet. | Qui est-ce qui arrive ? Le train. |
| que / qu’ | COD | Le train que nous attendons est en retard. | Nous attendons quoi ? Le train. |
| dont | complément introduit par de | Le dossier dont j’ai besoin est sur le bureau. | J’ai besoin de quoi ? Du dossier. |
| où | complément de lieu ou de temps | La ville où je vis est calme. | Je vis où ? Dans cette ville. |
| lequel, laquelle, lesquels, lesquelles | complément après une préposition | La règle avec laquelle je mesure est graduée. | Je mesure avec quoi ? Avec la règle. |
| auquel, duquel et formes féminines/plurielles | complément avec à ou de | Le projet auquel je participe avance. | Je participe à quoi ? Au projet. |
Exemples corrigés : antécédent, pronom et fonction
Pour analyser une phrase, soulignez d’abord la proposition relative, puis reliez-la à son antécédent. La ponctuation ne suffit pas à la définir. Une relative peut être intégrée sans virgule au groupe nominal, ou placée entre virgules lorsqu’elle apporte une simple information supplémentaire. Dans les deux cas, elle est introduite par un pronom relatif et complète l’antécédent. Les exemples suivants montrent aussi la différence essentielle entre la fonction de la proposition et celle du pronom.
- Les élèves qui révisent régulièrement progressent. Antécédent : élèves. Pronom : qui, sujet de révisent. Relative : complément de l’antécédent élèves.
- J’ai retrouvé les clés que tu cherchais. Antécédent : clés. Pronom : que, COD de cherchais. Relative : complément de l’antécédent clés.
- Le musée dont la façade a été rénovée rouvre demain. Antécédent : musée. Pronom : dont, complément du nom façade : la façade du musée. Relative : complément de l’antécédent musée.
- Le jour où nous nous sommes rencontrés reste mémorable. Antécédent : jour. Pronom : où, complément circonstanciel de temps de nous sommes rencontrés. Relative : complément de l’antécédent jour.
Distinguer la relative des autres subordonnées
La confusion la plus fréquente concerne le mot que. Dans Le film que tu recommandes est passionnant, que tu recommandes précise le film : c’est une relative. Dans Je pense que ce film est passionnant, que ce film est passionnant ne complète aucun nom. La proposition complète le verbe pense ; c’est une subordonnée conjonctive complétive. Le même mot ne donne donc pas à lui seul la nature de la proposition.
Relative, complétive ou circonstancielle ?
Proposition subordonnée relative
- Elle a un antécédent : nom, pronom ou parfois idée déjà exprimée.
- Elle est introduite par un pronom relatif : *qui, que, dont, où, lequel*…
- Elle enrichit l’antécédent : le repas que tu prépares.
- Le pronom relatif a une fonction dans la subordonnée.
Autres subordonnées fréquentes
- La complétive complète souvent un verbe : je crois qu’il pleut.
- La circonstancielle indique une cause, un temps, un but ou une condition : je partirai quand tu arriveras.
- L’interrogative indirecte rapporte une question : je me demande qui viendra.
- Elles n’ont pas pour rôle principal de décrire un antécédent.
Avec ou sans virgules : le sens peut changer
Sans virgule, la relative est généralement déterminative : elle sélectionne une partie des êtres ou des choses désignés. Les voitures qui dépassent la vitesse autorisée seront contrôlées signifie que seules les voitures en infraction sont visées. Entre virgules, elle est explicative ou appositive : Les voitures, qui dépassent la vitesse autorisée, seront contrôlées présente le dépassement comme une information valable pour toutes les voitures évoquées. Cette seconde phrase est donc beaucoup plus large, et souvent peu vraisemblable hors contexte.
La virgule ne se place pas au hasard. Elle correspond à une différence de sens, pas seulement à une pause orale. Avant d’en ajouter une, demandez-vous si la relative sert à identifier précisément l’antécédent ou si elle apporte un commentaire supplémentaire. Avec un nom propre, la relative est fréquemment explicative : Marie, qui habite Lyon, arrivera demain. Le prénom désigne déjà la personne ; la relative ne sert pas, en principe, à la choisir parmi plusieurs Marie.
Cas particuliers et erreurs fréquentes
L’antécédent n’est pas toujours un nom commun. Il peut être un pronom : Celui qui répond a raison. Il peut aussi renvoyer à une idée entière : Il a oublié son rendez-vous, ce qui explique son retard. Dans ce dernier exemple, ce qui explique son retard reprend le fait d’avoir oublié le rendez-vous. On parle souvent de relative de liaison. Le principe reste le même : le pronom relatif relie la proposition à ce qui précède.
- Écrire le livre que j’ai besoin. Le verbe est avoir besoin de : il faut écrire le livre dont j’ai besoin.
- Employer dont après une préposition complexe : on écrit la chaise à côté de laquelle je suis assis, et non la chaise dont je suis assis à côté.
- Analyser automatiquement qui comme un relatif. Dans Je me demande qui a appelé, qui introduit une interrogative indirecte : aucun antécédent n’est complété.
- Oublier l’accord des formes de lequel : la rue dans laquelle je tourne, les dossiers auxquels je réponds, les causes desquelles il parle, cette dernière tournure est possible mais souvent moins naturelle que dont il parle.
S’entraîner avec un test simple de reformulation
Pour vérifier votre analyse, remplacez mentalement le pronom relatif par l’antécédent à l’intérieur de la subordonnée, en adaptant la construction. La veste que j’achète devient « j’achète la veste » : que est COD. La collègue à qui je téléphone devient « je téléphone à la collègue » : à qui est COI. Le village où nous passons l’été devient « nous passons l’été dans ce village » : où exprime le lieu. Cette reformulation révèle souvent la bonne fonction en quelques secondes.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une proposition subordonnée relative ?
Repérez un verbe conjugué introduit par qui, que, dont, où, lequel ou une forme voisine. Cherchez ensuite le mot que ce groupe précise. Dans le voisin qui chante, qui chante précise voisin : c’est une proposition subordonnée relative. La présence d’un antécédent est le critère le plus fiable.
Quelle est la fonction d’une proposition subordonnée relative ?
La proposition subordonnée relative est une expansion du nom ou du pronom qu’elle complète. Sa fonction est généralement appelée « complément de l’antécédent ». Ne la confondez pas avec la fonction du pronom relatif : dans le livre que je lis, la relative complète livre, tandis que que est COD de lis.
Pourquoi utilise-t-on « dont » au lieu de « que » ?
Dont remplace un groupe construit avec la préposition de. Il s’emploie notamment avec parler de, avoir besoin de, se souvenir de ou pour marquer un complément du nom. On écrit donc la personne dont je parle et le roman dont l’auteur est célèbre. Que convient lorsqu’il est COD : le roman que je lis.
Une relative peut-elle ne pas avoir d’antécédent ?
Certaines constructions, telles que ce qui m’étonne ou ce que vous dites, sont souvent appelées relatives sans antécédent ou relatives substantives. Le groupe ce qui ou ce que tient alors lui-même la place de l’antécédent. Dans l’apprentissage courant, retenez surtout que les relatives classiques complètent un nom ou un pronom exprimé.
Comment différencier « que » relatif et « que » conjonction ?
Cherchez l’antécédent. Dans le message que tu as envoyé, que reprend message et est COD de as envoyé : c’est un pronom relatif. Dans je sais que tu as envoyé un message, que ne reprend aucun nom ; il introduit une proposition qui complète le verbe sais. C’est une conjonction de subordination.